Tokyo de Mo Hayder

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Premier titre que je lis de cette auteure que je connaissais de nom suite à la parution de son bouquin Pig Island. J’avais entendu parler de son surnom de Reine du thriller et du côté gore de certains passages de ce titre. Donc en fan de Stephen King (les premiers titres ;)), quand une amie a proposé de me prêter ce livre, j’ai sauté sur l’occasion.

 

Alors pour l’histoire : une jeune fille, Grey, au passé trouble, débarque à Tokyo dans l’espoir de se voir confié un film rapportant les tortures japonaises lors de la prise de Nankin en 1937, des faits qui l’obsèdent depuis des années. Sans argent, ni attaches et avec un lourd passé plein de secrets et de violence, elle se laisse entraîner dans l’univers des bars à hôtesses et de la mafia nippone. Sa vie continue ainsi toujours en quête de réponses à de nombreuses questions.

 

Dès le début, on est dans l’ambiance ! Le premier chapitre s’ouvre avec les dernières pages du journal intime de Shi Chongming qu’il a rédigé durant l’invasion japonaise de la ville de Nankin en 1937. Le chapitre suivant nous catapulte dans le Tokyo des années 90 et la quête de notre jeune héroïne. Et il en sera ainsi tout au long du livre. On alterne en permanence entre ces deux époques aussi éloignées que possible l’une de l’autre, mais également entre croyances anciennes et leur adaptation ou leur refus dans une époque plus récente. Ce parallèle entre ces deux récits crée une vraie dynamique de lecture et la rend ainsi agréable et très fluide.

Ce que j’ai apprécié dans ce bouquin, comme je l’ai dit plus haut c’est ça fluidité. On le lit très facilement sans s’en rendre compte. La narration est simple, pas d’effet de style superflu, les descriptions sont justes mais ne traînent pas en longueur. Les passages sur les traditions nippones sont très appréciables et réalistes, on arrive facilement à se faire une image précise de ce que l’auteur a voulu nous transmettre. Et puis l’ambiance japonaise et son langage très imagé permet à Mo Hayder de nous offrir quelques très belles métaphores, comme lorsque le vieux professeur émet quelques doutes sur la réussite d’une mission qu’il confie à la jeune Grey : “avait-il raison de suggérer que je ne réussirais jamais à créer de la soie à partir d’une feuille de mûrier”. Je vous laisse méditer !!

 

Ce que j’ai moins aimé c’est la quantité de thèmes abordés dans ce livre : guerre, torture, folie humaine, mafia… On s’y perd un peu. Ensuite ayant lu quelques critiques, je m’attendais à des scènes un peu plus crues, de ce côté-là je suis un peu restée sur ma faim. Vous me direz, oui mais quand même par moments on est loin du récit à l’eau de rose. OK, mais je trouve que ça reste un peu dans la retenue, l’auteure aurait pu se laisser un peu plus aller. Et puis on la dit “nouvelle reine du thriller”…. J’irais pas jusque là tout de même (du moins après la lecture de Tokyo). En effet, je m’attendais à être plus tenue en haleine que je ne l’ai été. On comprend assez vite d’où vient le complexe de Grey, de quoi parle Mama Strawberry lors de ses avertissements et puis l’intrigue principale laisse transparaître quelques indices.

 

En bref, c’est une lecture agréable qui vous entraîne dans un univers quelque peu fermé et dépaysant. Et puis surtout, Mo Hayder s’attaque à un véritable tabou de l’histoire du Japon : la prise de Nankin et le massacre de Nankin. En effet, cet épisode reste un sujet encore très controversé dont il est toujours difficile de parler sans malaise.

 

img_Logo_biographie

 

Mo Hayder est une jeune auteure anglaise née en 1962. Elle quitte sa famille vers ses 16 ans et effectue des tas de petits boulots d’abord dans la capitale londonienne puis à Tokyo. A 28 ans elle s’envole pour les Etats-Unis pour se tourner vers le cinéma, mais ne rencontre pas le succès escompté, ses réalisations sont jugées trop violentes. Elle revient donc vers son pays natal où elle travaille dans la sécurité tout en se concentrant sur l’écriture.

 

Olivia.

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